J'ai vu King Kong ce soir. Voici un autre film qui vient étayer ma théorie sur la féminisation (et c'est tant mieux) du monde.
En effet, il semblerait qu'au cinéma une idée générale ne cesse de se développer actuellement : l'image d'une femme conquérante et d'un homme démissionnaire, d'un monde futur qui va se dresser sur les cendres de l'homme à l'ancienne (le macho, l'homme détenteur des pleins pouvoirs) pour laisser la place à un monde dirigé par les femmes (selon moi, il était temps !) qui seraient seules capable de sortir notre monde actuel de l'impasse dans laquelle l'ont plongé les hommes et leur vision primaire, égoïste, et, pour tout dire, totalement inconsciente !
À nouveau, ce film, qui va très bien marcher, je n'en doute pas un instant, illustre cette théorie de l'avenir au féminin. Pour en juger, un petit rappel du scénario :
- King Kong vit dans une île, un monde perdu où vivent des dinosaures. Il ne sait faire qu'une chose, prouver sa supériorité et détruire. Cela ne vous rappelle rien ? L'homme à l'ancienne (bien que son image soit toujours au goût du jour, mais ce n'est plus qu'une image) vit dans un monde qui n'existe plus (heureusement !), et ne sait faire qu'une chose, prouver sa supériorité (par l'argent, le pouvoir, ou encore la domination) et détruire (la planète mère, la nature, les espèces, et, par là même, comme Kong, s'auto détruire).
- sautons jusqu'à la scène finale où l'on peut voir (quelle magnifique scène !) Kong sur son piédestal (l'Empire State Building) en train de dominer le monde, comme l'homme à l'ancienne l'a fait pendant des millénaires (avec le résultat qu'on connaît !), puis, scène déchirante mais finalement oh combien jouissive (avouez !), il se fait tuer. Kong, l'homme à l'ancienne, le macho dinosaure, est mort ! Et qui vient se mettre à sa place (tout en versant une larme sur un temps qui ne reviendra jamais plus) ? La femme (moderne), qui prend sa place sur le piédestal et qui, à son tour, domine le monde ! C'est la conclusion du film, et à la fois son message (même s'il est inconscient, de la part du réalisateur et de la part de public en général qui a tendance à oublier, pensant uniquement se divertir, surtout dans le cas de ce genre de film grand public, à oublier, disais-je, que l'art est toujours porteur d'un message, conscient ou inconscient).
Après Umma Thurman dans Kill Bill (tuez Bill, l'homme à l'ancienne), après Titanic (l'homme à l'ancienne, qui a mené le Titanic, le monde, à sa perte, se sacrifiant dans la scène finale pour laisser la place à celle qu'il aime : la femme moderne), et tant d'autres films récents (sur lesquels je reviendrai dans un prochain article), voici venir King Kong (le dernier des machos) que l'on voit mourir pour laisser sa place dominante à la femme qui (même si elles ne le savent pas consciemment encore la plupart du temps) doit aujourd'hui prendre le monde en main, avant que les hommes, qui ne savent plus qui ils sont, ni ce qu'ils font, ne détruise ce si beau monde qui est le nôtre ! Et bien moi, cela me fait trop plaisir de savoir que des milliers de spectateurs mâles et des milliers de femmes modernes vont payer pour voir et approuver donc (sans le savoir pour la plupart, consciemment du moins) que "la femme est l'avenir de l'homme" (Aragon) !
PS : une petite note optimiste pour tous les hommes (les femmes également en fait) qui liraient cet article peut-être un peu effrayant pour eux. J'ai oublié de parler de la fin de la scène de l'Empire State Building : Kong (le dominant fatigué) meurt, la femme prend sa place de dominant, MAIS, qui apparaît et la prend dans ses bras ? Qui est là pour soutenir la femme du futur, la femme devenu dominante, l'amazone qui sauvera le monde ? L'homme du futur, c'est à dire dans le film (et dans l'avenir de notre monde certainement) l'homme sensible, représenté ici par un écrivain, le seul qui n'abandonne pas l'héroïne dans le monde perdu ! Donc, messieurs, cultivez votre sensibilité et soutenez la femme qui va prendre votre place (il faudra s'y faire), voilà le message du film, et le mien en passant, vous l'aurez compris !
